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Fatigue: A Complex Diagnosis and Treatment Dilemma
October 10 - 13, 2019


The Galt House Hotel
Louisville, Kentucky




Résumé

Traduit au Français par l’association de santé environnementale du Québec

L’hypersensibilité chimique est une réalité physique que notre société doit reconnaître et aborder. Le mot « hypersensibilité » implique que de petites expositions entraînent de gros problèmes. Les 90 000 produits chimiques qui circulent communément dans notre monde moderne semblent considérablement causer plus de problèmes aux humains que ceux spécifiquement reconnus comme tels. Les personnes hypersensibles aux produits chimiques, lorsqu’elles réagissent aux expositions même les plus infimes, souffrent de différents symptômes dont l’intensité va de simplement gênant à handicapant et ce de façon permanente ou temporaire. Cependant cette condition n’est pas reconnue et mène progressivement à des ennuis de santé, à une activité réduite, à des relations sociales tendues et à une productivité réduite au travail.

L’hypersensibilité chimique est une réalité médicale chronique qui gagne lentement l’attention pourtant méritée du public De récentes estimations suggèrent que l’hypersensibilité chimique, qui signifie, hyperréactivité à des agents environnementaux variés (aussi connus comme incitants ou déclencheurs), pourraient affecter environ 10 à 15 % de la population américaine. Une augmentation de la prise de conscience de cette maladie ennuyante, souvent très foudroyante et parfois invalidante, est due pour une large part aux efforts des praticiens de la médecine environnementale, qui ont évalué l’impact négatif - au niveau du corps et du cerveau de certains individus très susceptibles- aux expositions d’une myriade de toxines environnementales fabriqués à des taux élevés à travers le monde.

On pense que ces personnes vulnérables sont des canaries modernes « dans une mine de charbon » (signes avant-coureur) qui ont une importante leçon à nous apprendre, si nous voulions bien écouter, notamment le fait que l’hyperréactivité manifestée par ceux souffrant d’hypersensibilité chimique est un signe précurseur du potentiel alarmant d’un empoisonnement éventuel de la population par les nombreux polluants chimiques fabriqués par l’Homme auxquels nous sommes continuellement exposés. En d’autres mots le fait que les individus hypersensibles démontrent une grande vulnérabilité aux menaces toxiques devrait servir à nous alerter sur la réalité dérangeante selon laquelle notre société industrielle moderne, malgré ses nombreux avantages, pourrait au bout du compte compromettre notre santé à tous.

Selon la sévérité de l’hypersensibilité , les symptômes accélérés par les expositions aux mélanges toxiques peuvent aller de subtils à dramatiques, de modérés à extrêmes. Et n’importe quel organe du corps peut être affecté . Les symptômes les plus courants sont : maux de tête, fatigue, faiblesse, douleurs musculaires ou articulaires, dépression et irritabilité , anxiété et attaques de panique, insomnie, vertiges, nausées, altération de la mémoire et de la concentration, difficultés à respirer et à déglutir, toux, gaz et ballonnements, fréquentes envies pressantes d’uriner, troubles visuels, palpitations et douleurs à la poitrine, congestion nasale et pression au niveau des sinus, sensations de brûlures dans les yeux et le nez, rougeurs sur la peau.

La réalité qui fait réfléchir est que certains produits chimiques fabriqués par l’homme, comme les pesticides, ont été conçus spécialement pour tuer les créatures vivantes en empoisonnant leur système nerveux. On ne devrait donc pas être surpris qu’ils endommagent également les cerveaux des humains.

Les incitants les plus courants sont:

  • a. Les substances communément reconnues comme toxiques sont par exemple, les pesticides prémentionnés; le gaz naturel ; les solvants à base de pétrole comme le toluène et le benzène ; les composés organiques volatiles (COV) comme le formaldéhyde ; les métaux lourds comme le mercure ou l’aluminium ; les moisissures et les mycotoxines qu’elles dégagent ; la fumée de cigarette ; les phtalates ou les autres combinaisons de mycotoxines agissant comme perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A qu’on retrouve dans le plastique ; les matières ignifuges comme les PBDE ; et les émanation des autos ;
  • b. Les substances souvent moins connues comme toxiques sont par exemple, les fragrances synthétiques comme les parfums, les rafraîchisseurs d’air, et autres produits « qui sentent bons » ; les journaux imprimés ; les produits de soins personnels ; les détergents pour la lessive et les assouplisseurs de tissus ; les nettoyants ménagers ; l’eau fluorée et les pâtes dentifrices ; et
  • c. Plus généralement, les nombreux polluants qu’on trouve dans l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et la nourriture que nous mangeons.

Parfois l’hypersensibilité se développe, à cause d’une exposition catastrophique et soudaine à un polluant chimique; mais parfois elle survient d’un impact cumulé d’expositions répétées à faible dose à des produits chimiques pendant une longue période. Curieusement, seulement certains individus ont des symptômes visibles lorsqu’ils s’exposent à ces produits toxiques ; d’autres pourraient être affectés de façon défavorable à un niveau subclinique mais ne manifeste aucune symptomatologie ; d’autres pourraient ne manifester aucun effet indésirable de quelle que nature que ce soit. Nous savons que de multiples facteurs (y compris génétiques et environnementaux), contribuent globalement au résultat clinique, mais nous ne comprenons pas encore les causes sous-jacentes de l’hypersensibilité aux toxines environnementales ou pourquoi certains individus développent des hypersensibilités chimiques et d’autres non.

Sans surprise, cependant, nous savons que l’hypersensibilité à des expositions chimiques à des degrés inférieurs semble augmenter à un taux alarmant dans notre monde moderne. Durant la dernière décennie, différents enquêteurs ont estimé que l’hypersensibilité aux expositions chimiques se fait sentir partout et que les symptômes que ces expositions produisent deviennent encore plus invalidants, ce qui mène souvent à une détérioration de la productivité au travail et même à une perte d’emploi. Une étude sur la population au hasard menée par Caress et Steinenmann (Journal of Occupational and Environmental Medicine 2005;47(5):518-522) a reporté que 11.2% des personnes étudiées démontraient une hypersensibilité aux produits chimiques. Une autre étude menée sur une population choisie au hasard par les mêmes chercheurs (Environmental Health Perspectives 2003;111(1):1490-1497) a montré que 1.8% de leur échantillon manifestait non seulement une capacité de travail diminuée, mais aussi que certains avaient même perdu leur emploi à cause de leur hypersensibilité aux produits chimiques auxquels ils étaient exposés sur leur lieu de travail.

Plus généralement, la littérature scientifique soutien le concept selon lequel l’incorporation initiale, et plus tard déclenchante, de problèmes de santé chroniques peut se produire suite à des expositions chimiques. Tous les incitants mentionnés précédemment (des pesticides aux parfums) peuvent initier une cascade de réactions physiologiques qui peuvent dévaster et handicaper des individus susceptibles de sensibilisation par un traumatisme chimique. Plus généralement, tout stresseur environnemental (des infections aux traumatismes physiques jusqu’aux stresseurs psychologiques) peuvent précipiter l’hyperréactivité dans tout système ou organe du cerveau ou du corps Humain. Il est extrêmement malheureux que malgré la croissance de la littérature de recherche dans des journaux hautement respectés , et reconnus, démontrant très clairement la réalité physique/biochimique de la réalité de la toxicité chimique et de l’hypersensibilité chimique, de nombreuses personnes en position d’autorité restent inconscientes de la prévalence considérable et du caractère sérieux de la maladie environnementale et sont inconscientes des effets gênants sur la santé d’une multitude de toxines fabriquées par l’homme qui contaminent notre air, notre eau et notre nourriture.

Une reconnaissance précoce de l’hypersensibilité environnementale peut éviter aux individus affectés une immense détresse mentale et physique et peut inciter l’initiation de traitements spécialisés conçus afin de réduire l’accumulation de polluants toxiques dans le corps et reconstituer l’ensemble des réserves du corps. Minimiser les expositions subséquentes, renforcer la nutrition du corps, calmer un système immunitaire trop actif, et d’autres mesures de soutien vont permettre un soulagement considérable des symptômes et mener sur le chemin de la restauration de la qualité de la vie de ceux qui sont touchés par cette fâcheuse maladie. Bien que de tels traitements aident efficacement ceux qui souffrent de symptômes modérés, certains individus ont été si sérieusement touchés qu’ils doivent leur survie à une aide extérieure pour avoir de l’eau, de la nourriture ou un logement « moins toxique ».

Même si la plupart des chercheurs et des praticiens cliniques pourraient être d’accord sur le fait que les expositions à haut niveau à des produits chimiques toxiques rendent les gens plus malades, la polémique augmente lorsque les expositions à tels produits chimiques sont à des niveaux trop bas. On devrait cependant admettre que les individus qui sont hypersensibles à des traumatismes toxiques pourraient (si cette susceptibilité est d’origine génétique ou est liée à des facteurs environnementaux), après une exposition chronique à de bas niveaux de toxines, devenir si hypersensible que les expositions subséquentes à des niveaux même minimes à des produits généralement considérés comme non « toxiques » vont provoquer une cascade de réactions. En fait, une exposition à moins de 1% qui aurait nui à une personne "moyenne" aurait des conséquences désastreuses pour l’individu affecté chimiquement.

Bien que l’hypersensibilité chimique soit en train de devenir une réalité grandissante, les individus affectés pourraient trouver difficile voire impossible le fait de fonctionner dans un environnement scolaire ou professionnel. Malheureusement, les préoccupations des étudiants et des travailleurs affectés à faible dose par les expositions chimiques ne sont pas toujours prises au sérieux ; de tels individus pourraient être critiqués et même ostracisés parce qu’ils auront parlé de leurs problèmes. En outre, il se peut qu’ils soient traités comme si cette situation était de leur faute. Bien que ceux qui souffrent d’hypersensibilité devraient aussi, soit déjà être atteints, soit développer plus tard, des difficultés psychologiques, les conséquences pourraient être tragiques si la "gestion" des patients chimiquement susceptibles considère uniquement la psychologie et non le physique.

Un facteur combiné dans l’évaluation des patients chimiquement susceptibles est le fait que tellement de patients vont, non seulement sembler en forme, mais aussi se sentir en bonne santé . Les apparences peuvent cependant être trompeuses, ce qui peut amener les praticiens à rater le diagnostique d’hypersensibilité chimique. La prétendue bonne santé du patient peut être le résultat de la capacité du corps humain à s’adapter au défi environnemental en dépensant toutes les ressources disponibles pour ramener le système à un équilibre homéostatique- dans ce cas, l’adaptation du corps servira (temporairement) à masquer des hypersensibilités sous-jacentes. Au bout du compte, cependant, les réserves du système vont s’épuiser, des symptômes manifestes d’hypersensibilité aux expositions toxiques vont être dévoilés, et la santé du patient commencera à se détériorer. Ceci souligne l’importance d’une détection et d’une intervention rapides pour arrêter une spirale descendante d’une sensibilisation à grande échelle et une qualité de vie détériorée.

Etant donné la réalité malheureuse de l’hypersensibilité chimique, l’Académie Américaine de Médecine environnementale (AAEM) propose ce qui suit :

  • 1.Nous reconnaissons la réalité de l’hypersensibilité chimique comme une condition essentiellement physique, et non psychologique.
  • 2. Nous considérons le traitement de l’hypersensibilité chimique des patients à partir d’une perspective physique et non psychologique.
  • 3. Nous soutenons la formation des professionnels de la santé dans le diagnostique et le traitement des patients souffrant d’hypersensibilité chimique.
  • 4. Pour éviter la généralisation, ou un déclenchement subséquent, de l’hypersensibilité chimique, nous recommandons la création et le maintien d’un environnement propre dans la maison (« moins pollué »), ainsi qu’à l’école, au travail, et dans la voiture.
  • 5. Nous prônons la mise en application par les organismes publics et privés, de salles de classes, de lieux d travail et d’autres places publiques sans fragrance.
  • 6. A cette fin, nous croyons que les personnes responsables de la qualité de l’air, de l’eau et de la nourriture doivent être formées aux égard et effets toxiques et sensibilisateurs des produits chimiques environnementaux.
  • 7. Plus généralement, nous soutenons des mesures prises par les organismes publics et privés de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour réduire de façon significative le potentiel d’exposition aux produits chimiques dans l’environnement.
  • 8. Nous encourageons les institutions académiques et les autorité s publiques à faire tout leur possible pour faire avancer la prise de conscience publique de cette condition.
  • 9. Nous préconisons la création de directives pour la prévention, le diagnostique, et le traitement de l’hypersensibilité chimique.
  • 10. Nous encourageons la recherche continue dans les causes sous-jacentes, les diagnostiques et le traitement de l’hypersensibilité environnementale.

Depuis plus de 40 ans, l’AAME a été parmi le petit nombre de professionnel attirant l’attention sur l’hypersensibilité chimique. En tant que service pour la santé de la communauté , l’AAME offre des opportunité s régulières de formation en matière de santé environnementale; et, pour ceux qui sont intéressés, nous pouvons fournir une importante biographie de la recherche médicale à travers le bureau central à AAEMonline.org

Les opinions exprimées dans ce document ne sont pas destinées à être exhaustives ou concluantes. Notre espoir sincère et urgent est que de plus en plus de personnes en médecine, dans le domaine universitaire ou gouvernemental arrivent à comprendre et à apprécier le problème très concret de la toxicité environnementale et de l’hypersensibilité chimique.

(Ce communiqué a été revu et approuvé par l’Académie Américaine de Médecine environnementale le 29 octobre 2008)

Proposé par Philip Ranheim, M.D., qui souhaite exprimer sa gratitude à Stephen Genuis et Larry Plumlee pour les suggestions proposées durant la phase initiale de la production de cet article et Jed Natzke, Jennifer Armstrong, Martha Stark, et Meg Sears pour les nombreuses heures de travail créatives et difficiles et la rédaction sérieuse qu’ont nécessitées la création de ce document final.

Ce document a été traduit par Mme. Christine Mbala et revue par M. Michel Gaudet
www.aseha-quebec.ca

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